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Existence et Emplacement ? * * * Tout d'abord, quelques rapides notations à retenir en ce qui concerne les murs délimitant l'espace total du Syndiacat d'Initiative. Le mur délimitant à l'Est cet ensemble est à coup sûr un mur porteur entre les deux maisons construites sur les ayrals (parcelles) mitoyens. Au rez de chaussée, en sa partie médiane, les pierres se délitent, comme si elles avaient subi de grandes surchauffes c'est à dire un incendie.
Au premier étage se prolonge cet aspect particulier des pierres, confirmant le sentiment d'un incendie. Sur un autre plan, il y a lieu aussi de remarquer toujours sur ce mur Est : un glacis d'enduit qui gardait, sous des couches successives de peinture, des traces de fusain noir et orange.... Et surtout l'inscription qui y est gravée : DIEE Le mur délimitant à l'Ouest cet ensemble présente également des traces de surchauffe de la pierre. Donc incendie ? Le mur de la façade est plus tardif, semble-t-il, que ces deux murs porteurs limitant la parcelle n°141. Il pourrait dater du XVIII° / XIX° siècles. L'hypothèse d'un carrerot s'impose si l'on accepte la logique des bâtisseurs et plus particulièrement de Pons Aymar le concepteur de Monflanquin (2)
Or la façade du Syndicat d'Initiative fait 10m28 c'est à dire : 7m50 + 2m78. Autant dire la largeur d'un ayral auquel s'ajoute la largeur d'un carrerot.... Constat mathématique qui renforce singulièrement l'hypothèse de l'existence d'un carrerot Nord.(4) Cependant, si l'on retient cette hypothèse, encore faut-il préciser si le carrerot en question se trouve vers l'Est ou l'Ouest... à droite ou à gauche en regardant depuis la place. HYpothèse de ce carrerot placé vers l'Est La première proposition sera de placer le carrerot le long de l'ayral Est, mentionné n° 140 sur le cadastre. L'emplacement de la cave actuelle n'occupe pas toute la largeur et laisse un espace vers l'Est, dont la dimension pourrait correspondre au carrerot initial. La tentation d'y voir l'emplacement du carrerot reçoit l'appui d'une ouverture sur le mur Est, mitoyen entre la parcelle n°141 du S.I. et n°140 de la parcelle voisine, dont la maison aurait eu ainsi une ouverture secondaire donnant sur le passage comme cela est fréquent. Deux arguments donc en faveur du carrerot tracé côté Est.
De plus c'est à l'étage, de ce même côté, que l'on retrouve les graffitis mentionnés ci-dessus. On voit mal comment expliquer cette présence sur un mur qui serait extérieur... Encore qu'ils aient pu être faits après l'annexion de ce passage public pour l'extension de la maison. Mais les recherches sur le sol mis à nu n'ont apporté aucun élément lié à l'existence d'une voie de passage; tel par exemple qu'un empierrement ou la base d'un mur arrasé... Cette absence n'est pas preuve décisive à l'encontre des arguments favorables mais elle implique prudence dans les conclusions.
Hypothèse de ce carrerot placé vers l'Ouest La seconde proposition sera de placer le carrerot le long de l'ayral Ouest, mentionné n° 142 sur le cadastre. La présence de la cave (La cave de l'ayral ou parcelle n°141 est indiquée sur les dessins ci dessus par des pointillés et la lettre C) sur la trajectoire du carrerot dessiné à l'Ouest, la maison initiale étant bâtie au-dessus de sa cave, pourrait faire douter de cette disposition..... à moins que la dite cave n'ait été creusée qu'après annexion de l'espace publique
Pas plus que pour étayer l'hypothèse précédente, il n'est possible ici de s'appuyer sur une découverte archéologique..... et tout comme précédemment la superposition de nombreuses couches d'enduits donne à penser que le mur est un mur intérieur depuis longtemps. Dans cette incertitude, où le choix entre les deux hypothèses n'est ni facilité ni tranché par les recherches archéologiques, opérées grâce au chantier ouvert sur les lieux, reste la logique des traceurs de la bastide, c'est à dire la théorie.
En regardant attentivement l'axe du carrerot des cabanes au Sud et l'axe du
carrerot qui longe le cimetière au Nord sur
le cap del pech il parait évident que: "le
carrerot Nord" serait désaxé en longeant l'ayral Est n°140 alors qu'il est
parfaitement en ligne s'il se glisse au long de l'ayral Ouest n°142.... En somme le carrerot dessiné à l'Est a pour lui le fait qu'une bande de terrain a toujours existé ( le couloir du S.I. y était installé) et qu'une ancienne porte secondaire donnait sur ce passage. Par contre le carrerot placé à l'Ouest a pour lui d'être plus conforme à la logique des traceurs mais il est coupé dans sa trajectoire potentielle par la cave ... Ce qui laisse supposer qu'il pourrait être un peu décalé, comme le prête à penser le décalage des toitures du SI et de la maison voisine côté ouest. Et pour départager ces deux hypothèses n'existe aucun élément archéologique. * * * Cette rapide interrogation sur l'existence et l'emplacement du "carrerot Nord" mène à plusieurs observations. Tout d'abord il faut retenir l'intérêt que présente la recherche archéologique en profitant de toute intervention assez conséquente dans un bâtiment, sur un sol. Ne serait ce que pour découvrir que la démonstration adoptée reste théorique. En effet il y a nécessité d'être très prudent dans les conclusions que l'on adopte lors d'études de ce genre. Les évidences sont parfois une simple projection d'un avis personnel; il faut alors admettre que l'on avance une hypothèse. C'est ainsi qu'en ce qui concerne le carrerot Nord il est permis de penser que ce passage est dans la logique du tracé initial de la bastide sans que l'on puisse apporter de preuves matérielles ni de son existence ni de son emplacement. Reste la question : "Logique, ce carrerot a-t-il été annexé, par un bâtiment conséquent, avant même d'exister ou bien au fil du temps ?" La seule réponse, au stade de nos connaissances actuelles, est qu'il n'existe plus au XVIII° siècle puisque la façade de cette époque l'incorpore dans le bâti.
ODO
Georges "Sous les Arcades" 1997 · Bibliographie : 1 - Recherches effectuées en compagnie de M. Pons Jacques 2 - Odo G. " Monflanquin Bastide type du Haut Agenais" - Revue de l'Agenais 1995/4° tr. 3 - Calmettes "Monflanquin, études et propositions" - CEB 1985 4 - Relevés métriques de Loloum B. |